Points clés du jour

Le Japon admet officiellement détenir ses propres dossiers UAP

Une semaine après le lancement du portail war.gov/ufo, le gouvernement japonais a rompu son silence. Le secrétaire en chef du cabinet Minoru Kihara — ancien pilote des Forces aériennes d’autodéfense — a confirmé avoir personnellement visionné les séquences déclassifiées par le Pentagone, dont deux vidéos filmées près de l’espace aérien japonais et de la mer de Chine orientale.

Plus inédit : Kihara a admis que Tokyo dispose lui-même de matériel UAP, qu’il pourrait choisir de publier « au cas par cas, après évaluation des considérations de sécurité nationale et de renseignement ». Le porte-parole a précisé que les autorités japonaises « recueillent et analysent quotidiennement des informations sur les phénomènes aériens non identifiés » et qu’elles travaillent désormais « en coordination étroite avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux ».

Cette déclaration intervient alors que le rapport 2023 de l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) classait déjà la zone qui s’étend de l’ouest du Japon à la Chine comme un « hotspot » UAP. Depuis 2024, un groupe transpartisan d’environ 80 parlementaires japonais — qui inclut d’anciens ministres de la Défense — milite pour la création d’une cellule dédiée aux UAP au sein du secrétariat du cabinet.

The Japan Times - Tokyo analyzing Pentagon UFO file trove with sightings near JapanIBTimes UK - Japan Confirms Possession of UAP Footage After Reviewing Pentagon Videos Near Japanese AirspaceUFO News - Japan Joins UFO Fight As Disclosure Battle Heats Up


Adam Frank (Rochester) : « juste d’autres vidéos floues »

L’astrophysicien Adam Frank, professeur à l’Université de Rochester, s’est exprimé sur les ondes de NPR le 13 mai. Son verdict est sévère : la première tranche PURSUE ne contiendrait « que des vidéos ou photos de blobs flous et des témoignages personnels invérifiables ».

Frank dénonce un défaut de méthode : « on dirait que quelqu’un a juste tapé “espace” dans la base de données gouvernementale, puis a attrapé un paquet de trucs et l’a balancé dedans », en incluant des documents sans rapport direct avec les UAP. Il exige des preuves d’un autre ordre : « si le gouvernement détient réellement des corps extraterrestres ou des vaisseaux capturés, qu’il montre des pages et des pages de résultats d’études scientifiques ». Sans cela, conclut-il, « ce ne sont que des histoires qui circulent depuis toujours ».

Sa position rejoint, à un cran près, celle d’Avi Loeb publiée la veille : aucune des pièces déclassifiées ne nécessite, en l’état, d’invoquer une origine non terrestre.

KUNC / NPR - An astrophysicist’s take on the government’s UAP files: ‘Just more fuzzy blob videos’


Sean Kirkpatrick (ex-AARO) : « cela ne nourrit que la spéculation »

Autre voix critique : Sean Kirkpatrick, premier directeur de l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO) entre 2022 et fin 2023. Dans une analyse relayée par Associated Press, il estime que les pièces publiées « ne servent qu’à alimenter davantage la spéculation, la conspiration et la pseudo-science de salon », faute d’analyse experte accompagnant la mise en ligne brute.

Sur des points techniques précis, Kirkpatrick affirme que certains objets « en forme d’étoile » visibles dans les vidéos correspondent probablement à des motifs de diffraction générés par les capteurs infrarouges lorsqu’ils observent des moteurs de jets chauds. Il met aussi en garde le public : « les lecteurs ne devraient pas s’attendre à trouver un document avec des photos d’interviews d’extraterrestres lorsqu’ils descendent ».

Sa critique pointe une limite de méthode plutôt qu’une opposition à la transparence : pour qu’une déclassification de masse soit utile, elle devrait s’accompagner d’analyses contextualisées — démarche que l’AARO pratiquait dans ses rapports annuels, mais que le portail PURSUE laisse pour l’essentiel à la charge du lectorat.

The Hollywood Reporter - Pentagon Releases UFO Files: Moon Landing Sighting, “Orbs Launching Orbs” Among ClaimsTWZ - The Newly Released Government UFO Archives Will Leave You Shrugging


Deuxième tranche PURSUE : cap sur les phénomènes sous-marins ?

Au-delà des analyses critiques du jour, l’attention se déplace vers la deuxième tranche de déclassifications annoncée pour juin 2026. Selon plusieurs sources rapportées par la presse spécialisée, ce lot pourrait être plus volumineux que les 161 dossiers initiaux et se concentrer sur les USO (Unidentified Submerged Objects) — les phénomènes observés en milieu marin ou en transition air/eau.

Plusieurs lanceurs d’alerte de la communauté UAP affirment depuis 2024 que les incidents avec des objets qui sortent ou entrent dans l’eau sont « plus fréquents que les rencontres aériennes », mais qu’ils restent largement absents du débat public car les sonars et capteurs sous-marins relèvent de programmes hautement classifiés.

Cette orientation, si elle se confirme, recouperait les 40+ dossiers complémentaires transmis par la représentante Anna Paulina Luna au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, et marquerait un élargissement thématique majeur par rapport à la première publication, centrée sur les phénomènes aériens.

NSF News - Declassified UFO Files 2026: The Pentagon’s Massive PURSUE Release ExplainedDepartment of War - PURSUE


Sources principales :