Début août 2026, le ciel italien s’est rempli de témoins inquiets — et de photos partagées en masse sur les réseaux sociaux. En cause : une lumière allongée, en forme de « tube », aperçue un peu partout dans le pays. L’explication la plus probable tient en un mot : Starlink. Mais le timing, en plein pic des Perséides, a suffi à transformer une explication banale en petite psychose nationale.

Tout part d’un post Facebook à Salerne

Le 4 août 2026, une radio locale de la région de Salerne, dans le sud du pays, publie sur Facebook des photos d’un objet lumineux non identifié aperçu dans le ciel. Le post devient viral en quelques heures. Des témoignages similaires affluent alors du nord au sud de l’Italie : à Milan, un habitant filme vers 21h45 une formation lumineuse en mouvement, semblable à un « petit train » de points blancs alignés.

L’Associazione Ricerca Italiana Aliena (ARIA), une structure fondée par d’anciens militaires de l’armée de l’air, d’anciens policiers et des ingénieurs aérospatiaux, dit avoir reçu « des dizaines de signalements » venus de toute l’Italie en quelques jours. Son président, Angelo Maggioni, et Michele Valecce, un autre membre de l’association sollicité par de nombreux témoins, se retrouvent au cœur de cette vague — sommés d’expliquer ce que tout le pays regarde soudain dans le ciel.

Pour Maggioni, l’affaire est vite entendue. Le 4 août, SpaceX a lancé 24 satellites Starlink depuis la base de Vandenberg, en Californie. Juste après leur mise en orbite, ces satellites voyagent encore groupés, avant de se disperser progressivement sur leurs orbites définitives — un phénomène bien documenté qui donne, vu du sol, l’impression d’un chapelet de points blancs alignés, avançant tous à la même vitesse apparente, dans un silence total.

C’est précisément la description qui revient dans la majorité des témoignages italiens : pas de bruit, pas de clignotement, une trajectoire rectiligne et régulière. De quoi distinguer ce phénomène d’un véritable météore ou bolide, qui laisse au contraire une traînée plus intense et se fragmente souvent en morceaux visibles.

Les Perséides, le carburant idéal pour une psychose collective

Le timing n’a rien d’un hasard. Début août correspond au pic de la pluie de météores des Perséides, l’un des rendez-vous astronomiques les plus suivis de l’année : chaque nuit, des milliers d’Italiens lèvent les yeux vers le ciel pour observer des étoiles filantes. Résultat : plus d’yeux tournés vers le ciel, donc plus de chances de repérer — et de mal interpréter — un passage de satellites, un ballon-sonde ou un avion vu sous un angle inhabituel.

Cette conjonction explique en grande partie l’ampleur inhabituelle de la vague. Mais tout le monde n’est pas convaincu par l’explication Starlink : certains témoins, sur les réseaux sociaux, continuent d’évoquer d’autres pistes — drones d’origine russe, ballons stratosphériques, missiles ou simples avions — sans qu’aucune de ces hypothèses ne soit étayée par des éléments concrets.

À retenir

Rien, dans cette vague italienne, ne ressemble à un cas non résolu au sens strict : l’explication technique (un lancement Starlink récent, superposé au pic des Perséides) est cohérente avec l’essentiel des descriptions recueillies. Mais l’épisode illustre bien un mécanisme récurrent dans l’histoire de l’ufologie : un calendrier astronomique chargé, un post viral, et voilà tout un pays qui scrute son ciel — et y voit, un temps, un mystère là où il n’y a qu’une constellation de satellites.

Sources