En Espagne, demander des comptes à l’État se fait via un organisme dédié : le Conseil de la Transparence et du Bon Gouvernement. Cette fois, c’est le ministère de la Défense qui se retrouve dans son viseur, sommé de dire ce qu’il sait vraiment sur les OVNI, rebaptisés depuis peu FANI (Fenómenos Anómalos No Identificados, l’équivalent espagnol du sigle UAP).

Un simple citoyen à l’origine de l’affaire

Tout part d’une demande d’accès à l’information déposée par un particulier auprès du ministère dirigé par Margarita Robles. Sa question est directe : le ministère détient-il des dossiers, rapports ou enquêtes officielles sur les FANI, notamment du côté de l’Armée de l’air et de l’espace ? Et si de tels documents existent, une déclassification est-elle envisagée ?

Le ministère de la Défense a d’abord refusé de répondre. Le citoyen a alors porté l’affaire devant le Conseil de la Transparence et du Bon Gouvernement (CTBG), l’organisme public chargé de veiller au respect du droit d’accès à l’information en Espagne. Dans sa résolution R/CTBG/0867/2026, rendue en août 2026, le Conseil a donné raison au plaignant : la réclamation est jugée fondée, et le ministère est sommé de transmettre la documentation existante ainsi que de préciser le statut de classification de ces documents, dans un délai de dix jours ouvrés.

Pourquoi cette décision compte

Le Conseil de la Transparence n’a pas de pouvoir de coercition : il ne peut pas forcer la Défense à obéir du jour au lendemain. Mais sa décision a valeur de signal politique fort, en particulier sur un point précis qu’il demande explicitement à clarifier : l’état de classification administrative des documents. En clair, le Conseil veut savoir si ces dossiers sont couverts par le secret-défense, et si oui, pourquoi.

Ce n’est pas un sujet totalement vierge en Espagne. Entre 1992 et 1999, l’armée de l’air espagnole avait déjà déclassifié 80 dossiers d’observations couvrant la période 1962-1995, aujourd’hui consultables à la Bibliothèque virtuelle de la Défense. Depuis, plus rien : aucune nouvelle vague de déclassification n’a suivi, alors même que les États-Unis ont, eux, multiplié les publications de dossiers UAP ces derniers mois via le programme PURSUE du Pentagone.

À retenir

  • Un citoyen espagnol a saisi le Conseil de la Transparence après le refus du ministère de la Défense de communiquer ses dossiers sur les FANI (l’équivalent espagnol des UAP).
  • Le Conseil lui a donné raison en août 2026 et ordonne à la Défense de transmettre la documentation et de clarifier son niveau de classification, sous dix jours ouvrés.
  • L’Espagne avait déjà déclassifié 80 dossiers d’observations (1962-1995) entre 1992 et 1999, mais rien depuis plus de 25 ans.
  • La décision n’a pas de force contraignante immédiate, mais met une pression politique inédite sur la Défense espagnole.

Sources