Le Pentagone a publié vendredi 18 septembre une nouvelle fournée de documents sur les OVNI, la sixième depuis le lancement de cette opération transparence en mai. Cette fois, la pièce maîtresse n’est pas un cas récent, mais un classique de l’ufologie américaine vieux de 74 ans : le film de Tremonton, dans l’Utah, ressorti des archives et réexaminé.

Une divulgation par vagues depuis mai

Petit rappel pour ceux qui prennent le train en marche. OVNI veut dire « objet volant non identifié » ; côté militaire américain, on parle plutôt d’UAP (Unidentified Anomalous Phenomena, phénomènes anormaux non identifiés). Depuis que Donald Trump a ordonné en début d’année la déclassification des archives du Pentagone sur le sujet, les documents sortent par lots réguliers sur un site officiel dédié, war.gov/ufo, via un système baptisé PURSUE. Ce sixième lot rassemble des dizaines de documents, images, vidéos et enregistrements audio provenant de plusieurs agences fédérales.

Comme pour les précédentes salves, rien ici ne prouve une origine extraterrestre. Mais le geste est notable : l’armée américaine ressort ses vieux dossiers et les commente publiquement, au lieu de les laisser dormir dans un carton.

Le film de Tremonton : un classique de 1952 rouvert

Le cas qui retient l’attention, c’est celui de Tremonton, une petite ville de l’Utah. Le 2 juillet 1952, Delbert C. Newhouse, un officier de la marine américaine spécialisé en photographie aérienne (plus de 1 000 heures de vol à son actif), filme avec sa caméra personnelle Bell & Howell une douzaine à quatorze objets brillants qui évoluent dans le ciel, loin de toute route ou ville.

Le film atterrit rapidement entre les mains du Project Blue Book, le programme de l’armée de l’air chargé d’enquêter sur les OVNI entre 1952 et 1970. Les enquêteurs de l’époque, rejoints par des spécialistes des ballons-sondes et des représentants de l’entreprise General Mills (qui fabriquait alors des ballons météo), examinent la pellicule fin 1952. Leur avis converge vers une explication banale : des ballons dits « pillow balloons » (ballons en forme de coussin), voire des oiseaux marins reflétant la lumière du soleil. Un détail intrigant subsiste tout de même dans les archives : l’un des représentants de General Mills note que les objets lui semblaient « un peu trop brillants » et manœuvraient « un peu trop vite » pour de simples ballons.

Le dossier a ensuite connu une seconde vie dans les années 1960, quand l’université du Colorado l’a réexaminé dans le cadre d’une grande étude commandée par l’armée de l’air (le fameux « rapport Condon »), sans trancher définitivement. Ce sont ces différentes strates d’analyse, plus la pellicule originale numérisée, que le Pentagone remet aujourd’hui sur la table.

Les autres dossiers de la salve

Le lot de septembre contient aussi des cas plus récents, moins spectaculaires mais qui complètent le tableau :

  • Colorado, octobre 2023 : quatre vidéos filmées par des policiers locaux, montrant un phénomène silencieux avec des lumières clignotantes rouges, bleues et vertes.
  • Moyen-Orient, 2025 : une vidéo thermique d'1 minute 39, transmise par le commandement central américain (CENTCOM), montrant six petits objets sphériques regroupés, décrits comme agiles et changeant fréquemment de direction, à une vitesse estimée autour de 480 miles par heure (environ 770 km/h).
  • Mer Jaune, 2023 : une séquence infrarouge captée par le commandement Indo-Pacifique américain.
  • Mer de Chine orientale, 2023 : 59 secondes de vidéo infrarouge, dans la même zone d’opérations.

Ces deux derniers cas se situent tous deux au large des côtes asiatiques, dans des zones que les précédentes salves du Pentagone (golfe d’Oman, Afghanistan) avaient déjà désignées comme particulièrement actives en signalements.

À retenir

Cette 6e salve confirme que le rythme de publication tenu depuis mai (environ une fois par mois) se maintient. Elle montre aussi que la déclassification ne porte pas que sur des vidéos récentes filmées par des drones ou des avions de combat : de vieux dossiers d’archives, parfois vieux de plusieurs décennies, ressortent également, avec leurs analyses d’époque et leurs zones d’ombre jamais totalement refermées.

Sources : Fox 35 Orlando, Yahoo News, The Black Vault