Jusqu’ici, la divulgation sur les PAN (Phénomène Aérospatial Non identifié, l’équivalent français d’UAP, Unidentified Anomalous Phenomena) était surtout une affaire américaine. Cette fois, un texte co-signé par un élu du Congrès des États-Unis et deux parlementaires japonais change la donne : il appelle les démocraties alliées à unir leurs efforts, plutôt que de creuser chacune de leur côté.
Un texte commun entre Washington et Tokyo
L’op-ed, publié le 16 septembre 2026 sur The Debrief, est signé par le représentant américain Eric Burlison, ainsi que par Yasukazu Hamada, ancien ministre japonais de la Défense, et Yoshiharu Asakawa, ancien député. Leur message est direct : les représentants élus ne peuvent pas obtenir la vérité sur les UAP en passant par les seules voies institutionnelles habituelles de leur propre pays. Une coopération étroite entre alliés démocratiques, à commencer par les États-Unis et le Japon, serait selon eux la piste la plus réaliste pour avancer.
Concrètement, Burlison et ses homologues japonais ont mis sur pied un cadre de dialogue permanent, l’Emerging Technologies Interparliamentary Caucus (ETIC), pensé comme une plateforme où les législateurs de différents pays peuvent comparer leurs informations et faire pression ensemble sur leurs exécutifs respectifs.
Le Japon, un terrain loin d’être neutre
Le choix du Japon comme partenaire n’a rien d’anodin. Dès 2023, l’AARO (le bureau du Pentagone chargé des UAP) avait identifié l’ouest et le sud du Japon comme l’une des zones mondiales où les signalements sont les plus fréquents.
L’article revient aussi sur un épisode resté largement sous les radars en Occident : dans la nuit du 26 juillet 2025, trois lumières ressemblant à des drones ont été observées pendant plus de deux heures au-dessus de la centrale nucléaire de Genkai, dans la préfecture de Saga. Quatre agents de sécurité et un policier posté sur place ont assisté à la scène, confirmée ensuite par les autorités locales. L’exploitant, Kyushu Electric, avait signalé l’incident à l’Autorité de régulation nucléaire japonaise comme un cas de « protection des matières nucléaires », avant de nuancer : impossible d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait bien de drones. Aucun dommage ni anomalie de radioactivité n’a été constaté, et aucun appareil n’a été retrouvé au sol.
C’est justement Yasukazu Hamada qui préside, à la Diète (le Parlement japonais), la « Ligue parlementaire pour la clarification des UAP sous l’angle de la sécurité ». Ce groupe a organisé des auditions à huis clos pour interroger l’Autorité de régulation nucléaire, le ministère de la Défense et celui des Transports sur l’affaire de Genkai. Problème : selon l’op-ed, les autorités japonaises continuent de refuser aux législateurs l’accès aux enregistrements vidéo de l’incident.
L’effet d’entraînement du programme américain PURSUE
Les auteurs notent que la vague de déclassifications américaines, menée depuis février 2026 via le programme PURSUE (le dispositif de publication de documents UAP lancé sous l’administration Trump), met une pression croissante sur le ministère japonais de la Défense pour qu’il reconnaisse à son tour ses propres activités non divulguées. En clair : plus Washington ouvre ses archives, plus il devient difficile pour Tokyo de continuer à ne rien dire.
À retenir
- Un représentant américain (Eric Burlison) et deux parlementaires japonais (Yasukazu Hamada, Yoshiharu Asakawa) publient le 16 septembre 2026 un appel commun à la coopération internationale sur la divulgation UAP.
- Ils s’appuient sur un nouveau cadre, l’Emerging Technologies Interparliamentary Caucus (ETIC), pour coordonner les efforts entre législateurs de pays alliés.
- Le cas cité en exemple : trois lumières inexpliquées observées pendant deux heures au-dessus de la centrale nucléaire de Genkai (Japon) le 26 juillet 2025, dont les vidéos restent toujours non communiquées aux parlementaires japonais.
- Les auteurs estiment que les déclassifications américaines du programme PURSUE mettent une pression croissante sur le Japon pour qu’il fasse de même.
