Une institution unique au monde

Le GEIPAN (Groupe d’Études et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) est un service du CNES (Centre National d’Études Spatiales) chargé d’étudier les témoignages de PAN sur le territoire français.

La France est l’un des rares pays au monde à disposer d’un organisme officiel et civil dédié à l’étude de ces phénomènes.

Historique

1977 - Création du GEPAN

Le GEPAN (Groupe d’Étude des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) est créé sous l’impulsion de Claude Poher, ingénieur au CNES. C’est une première mondiale.

Contexte :

  • Vague d’observations en France dans les années 1970
  • Volonté de traiter le sujet de manière scientifique
  • Soutien du directeur du CNES de l’époque

1988 - Transformation en SEPRA

Le GEPAN devient le SEPRA (Service d’Expertise des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques), avec un mandat élargi aux rentrées de débris spatiaux.

2005 - Renaissance en GEIPAN

Le service est réorganisé et renommé GEIPAN, avec une nouvelle dynamique :

  • Ouverture des archives au public (2007)
  • Site web interactif
  • Collaboration renforcée avec la gendarmerie

Méthode scientifique

Collecte des témoignages

Le GEIPAN reçoit les signalements via :

  • Son site web (formulaire en ligne)
  • La gendarmerie nationale (procès-verbaux)
  • L’armée de l’air et la DGAC
  • Des associations partenaires

Analyse

Chaque cas fait l’objet d’une enquête rigoureuse :

  1. Vérification du témoignage
  2. Recherche d’explications conventionnelles (avions, satellites, météo, etc.)
  3. Consultation d’experts si nécessaire (astronomes, météorologues, psychologues)
  4. Classification du cas

Classification des cas

Le GEIPAN utilise une classification en 4 catégories :

CatégorieDescription% des cas
APhénomène parfaitement identifié~60%
BPhénomène probablement identifié~30%
CDonnées insuffisantes pour conclure~7%
DPhénomène non identifié malgré des données solides~3%

Les cas D sont les plus intrigants : des observations bien documentées qui résistent à toute explication conventionnelle.

Cas célèbres français

Trans-en-Provence (1981)

Un témoin observe un engin se poser dans son jardin. L’enquête du GEPAN révèle des traces au sol avec des modifications biochimiques de la végétation. Cas classé D.

L’Amarante (1982)

Observation d’un petit engin par un témoin dans son jardin. Traces physiques et analyse en laboratoire. Cas classé D.

Vol Air France 3532 (1994)

L’équipage d’un Airbus observe un objet discoïdal au-dessus de Paris. Cas documenté par l’aviation civile, classé D.

Observations de Compiègne (2023)

Multiples témoins, dont des gendarmes, observent des phénomènes lumineux inexpliqués. Enquête en cours.

Archives en ligne

Depuis 2007, le GEIPAN a mis en ligne ses archives, une démarche de transparence unique :

  • Plus de 3 000 cas consultables
  • Procès-verbaux, photos, schémas
  • Conclusions des enquêtes
  • Mises à jour régulières

Site officiel : geipan.fr

Bilan et statistiques

En 50 ans d’activité :

  • Plusieurs milliers de cas étudiés
  • ~3-4% de cas restent inexpliqués (catégorie D)
  • Collaboration avec la gendarmerie, l’armée, la DGAC
  • Reconnaissance internationale

Coopération internationale

Le GEIPAN entretient des liens avec :

  • Des organismes similaires (Chili, Pérou, Argentine)
  • Des chercheurs académiques
  • L’ESA (Agence Spatiale Européenne)
  • Des discussions avec l’AARO américain

Limites et défis

  • Moyens limités : équipe réduite face au nombre de signalements
  • Pas de capacité d’investigation terrain systématique
  • Phénomènes rares : difficulté à étudier des événements non reproductibles

Conclusion

Le GEIPAN représente une approche unique : l’étude scientifique et officielle des PAN, sans tabou ni sensationnalisme. Son existence démontre qu’il est possible de traiter ce sujet avec rigueur, et ses archives constituent une ressource précieuse pour la recherche.


Sources :

Article mis à jour le 10 février 2025